Suivez-nous sur Facebook !

Ne loupez rien en vous inscrivant Ă  notre newsletter

Retrouvez-nous sur Facebook

Histoire de la commune

Pranles s’étend sur des formations du Trias pénétrées d’ouest en est par des formations volcaniques (volcan des Chirouses). On y trouve des grès de différentes natures et couleurs dont sont construites la plupart des maisons, et qui furent utilisés, de l’Antiquité au XIXème siècle pour la fabrication de meules individuelles puis à l’usage des moulins hydrauliques. 

 

Du calcaire affleure ici et là, qui approvisionnaient les fours à chaux jusqu’à la fin du XIXème siècle. Au Moyen Age on y exploitait le plomb argentifère et le cuivre, et au XIXème siècle la baryte. 

 

Le texte le plus ancien mentionnant Pranles est le cartulaire de l’Abbaye de St Chaffre du Monastier (Hte Loire), en 953. Il fait état de biens lui appartenant « in vicaria pratelliensi in villa quae dicitur escolenco » et « seu ecclesia santi andeoli martyris in pago vivariensi » (« dans la viguerie (division administrative carolingienne) de Pranles , dans le domaine appelé Escoulenc, et son église dédiée à St Andéol, martyr du pays du Vivarais ». St Andéol et Escoulenc sont deux anciens hameaux de Pranles annexés par les Ollières).

 

Mais le peuplement de notre commune est beaucoup plus ancien comme en témoignent les nombreuses traces d’occupation antique (rochers gravés, tombes anthropomorphes, nombreuses tegulae , traces de fours antiques..), et notamment le sanctuaire rupestre de Creysseilles et Pranles (au dessus de l’église de Creysseilles, où sont disséminés des rochers gravés de signes schématiques et symboliques. Cet ensemble appartiendrait à une période comprise entre le Néolithique final et le Bronze ancien (4 500 à 1 800 avant notre ère)

 

L’église romane de Pranles, plus vieux bâtiment de notre commune (entièrement restauré depuis 1999), date du 11ème-12ème siècle, mais il est possible qu’elle ait été construite sur un édifice plus ancien.

 

A l’époque féodale, la paroisse de Pranles est aux mains de trois seigneuries : la seigneurie de Montagut, sur le versant de l’Eyrieux, la seigneurie de Durfort qui comprenait les terres autour du Boyon, et la seigneurie de Tournon les Privas, qui englobait les terres proches de Privas.

Les Estimes de 1464 et le compoids de 1640 (pour les évaluations fiscales) nous donnent une image incomplète de notre commune, mais suffisamment précise pour imaginer la vie des habitants, leur travail, leur niveau de vie. Et à travers les microtoponymes recensés par les auteurs des évaluations fiscales, et dont beaucoup sont parvenus jusqu’à nous, se dessine une carte agricole dominée par la forêt, les pâtures ( Pranles signifie « les prés ») , les champs emblavés, les vergers et les jardins, et ici et là des moulins hydrauliques (dont le moulin de Mandy, heureusement restauré et ouvert à la visite) pour la fabrication de la farine ou le pressage des noix.

 

La Réforme traverse les Boutières et de nombreux habitants adhèrent au protestantisme. Les troubles encore visibles se lisent sur les murs de l’église qui fut partiellement détruite en 1583. Les conséquences de la Révocation de l’Edit de Nantes en 1685 furent dévastatrices avec son cortège d’exactions et d’humiliations. En 1718, symbole du triomphe de la Contre Réforme, la cloche de l’église est installée dans l’édifice reconstruit ; et il faudra attendre la Révolution Française pour que les protestants recouvrent leur liberté de conscience.Le Musée de Vivarais protestant , installé dans la maison de la famille Durand au Bouschet de Pranles retrace cette longue et douloureuse histoire (« Catholiques et protestants : une histoire tourmenté »).

 

Jusqu’au début du XXème siècle, Pranles jouit d’une relative prospérité malgré les voies de communications intra-communales souvent difficiles, et comptera jusqu’à 1728 habitants à la veille de l’annexion du Bas Pranles.

L’exode rural, commencé bien avant la Grande Guerre, videra progressivement Pranles de ses paysans. Ce qui ne l’empêchera pas de conserver une vocation agricole forte et d’être aujourd’hui la commune la plus agricole du canton de Privas.


Bibliographie sommaire :
Albin MAZON – « Voyage autour de Privas »
Pierre BOZON – « Histoire du Peuple Vivarois »
MATP – « Pays d’ Ardèche : Les Boutières » et « Moulins et meulières en Vivarais »
LORCIN Marie-Thérèse – « La microtoponymie du Vivarais dans les estimes de 1464 »
PPAM – « Pranles dans la tourmente de la Grande Guerre »
Etienne Gamonet – « Etienne DURAND et les siens »
Paul GOUNON – « Pranles, un prieuré de la Chaise Dieu »
P. HAMEAU et D.VAILLANT – « Le double sanctuaire rupestre de Creysseilles et Pranles »

 

 

Le patrimoine naturel

 

Outre le patrimoine historique, il est d'autres éléments du patrimoine de Pranles. Il en existe des traces visibles et très spectaculaires : les tombes anthropomorphiques du Rocher des Pendus, les deux tombes de la Pranlette et celle de de Champ Plot, derrière le Serret ; des traces répertoriées vers le Serre de Pierroulet ; une pierre de hache, un racloir et des pointes de flèches  au Serret ; des capitelles vers les Balmes, une antique bergerie vers le Serre de Peyrorelle et les stations schématiques du Serre du Puy et du volcan des Chirouzes, témoins d'une très ancienne occupation pastorale.

 

D'autres tombes anthropomorphiques ou supposées telles ont été étudiées notamment celles de Veyras les fameuses " tombes romaines ".
Sont-elles celtiques ou romaines ? Ni celtiques, ni romaines ! C'est du moins l'avis de ceux qui les ont étudiées. Ils situent leur utilisation entre le IVème et XIIIème siècle.  La grossièreté de la taille démontre à leurs yeux un manque de technique et l'utilisation d'outils inadéquats. L'absence de restes de squelettes ou d'objets funéraires ne permettent pas en outre de déterminer à coup sûr leur usage : nécropole rupestre, carrière d'extraction de sarcophage ou carrière de blocs à bâtir.
 
S'agissant de celles de Pranles, elles sont toutes creusées sur des promontoires rocheux   . Celles du Rocher des Pendus se trouvent dans l'aire d'un ancien cimetière antérieur à la nécropole médiévale proche de l'église. A lire à ce sujet l'opuscule rédigé par Paul GOUNON en 1988 " Notes sur le site funéraire du Rochers des Pendus ", disponible à la Bibliothèque de Pranles.

 

La commune possède également quelques serres et montagnes remarquables : le Serre de Peyrorelle, le Serre du Puy, le Chirouse, le Chier de la Fare, le Serre de Pieroulet ……quelques hameaux très anciens : le Bouschet de Pranles, La Basse Garde, ancien hameau fortifié, la Pizette, le Serret, le « château » du Clap, Très le Serre, Franchassy où furent massacrés des dizaines de camisards, la Sagne, Plaine Sèlve, les Vabres , Chamarouan, St Jean, siège d’une ancienne viguerie  etc..
Concernant les carrières de meules à grains, nous sommes restés longtemps incapables de mettre un nom sur ces excavations pleines d’eau ou de feuilles que nous découvrions ici ou là au hasard de nos promenades en dehors des sentiers battus.   « Bachas », mangeoires, abreuvoirs, sièges etc…toutes les hypothèses étaient recevables, mais nous nous trompions. A Barrès, la plaine de Liviers, la carrière des Roches, à Groumouret, Prévenchères, Boussillon , Lafare,  Pivernet, et les Chiers nous nous trouvions en présence d’anciennes carrières de meules à main.Ces meules étaient extraites à la main, de dimensions diverses, et ce, dès le Néolithique (9 000 ans avant JC). Il doit ou devait exister une ou des carrières de meules de plus grandes dimensions utilisées dans les moulins à eau.
Dans l’enquête sur les moulins de France diligentée sous Napoléon Ier en 1809, Pranles comptait deux moulins fonctionnant avec des meules extraites des carrières locales qui fournissaient en outre divers moulins en Ardèche. Ces carrières ont disparu ou nous ne les avons pas encore trouvées ! La plupart des meules ne dépassent pas 60 cm de diamètre et 30 cm d’épaisseur.
De la préhistoire à nos jours en passant par la protohistoire, le Moyen Age et la Révolution, la vie à Pranles fut riche, agitée, traversée par des événements dont le sol garde les traces visibles ou cachées qu'il n'est pas toujours possible de comprendre ou d'interpréter. Notre commune est vaste, l’espace de découverte également.